Rechercher
  • thesuncyclingodyss

Initiative #9 : Le composteur Ekovore (Nantes)

Les biodéchets representent un gisement important en terme de CO2. Saviez vous, d’ailleurs, qu’un tiers du contenu de la poubelle résiduelle des français est constitué de biodéchets? À l’échelle du pays, la quantité totale de biodéchets jetés est répartie plutôt équitablement entre ménages et restaurants/écoles. Rien que la partie concernant les ménages représente à elle seule plus de 60 millions de tonnes par an, qui ne demandent qu’à être compostées.


Lors de mon passage à Nantes, j’ai rencontré Victor, qui travaille pour l’entreprise Faltazi. Celle-ci développe de nombreux projets, dont un en particulier appelé Les Ekovores. Il s’agit de systèmes circulaires, locaux et résilients, pour alimenter la ville. Victor m’a présenté un composteur Ekovore (l’un des tout premiers à avoir été installé) près du quartier Malakoff à Nantes.



Il a été installé ici comme objet de démonstration et d’expérimentation à l’échelle du quartier. Le cahier des charges demandait d’adapter le savoir-faire de l’association Compostri, qui faisait du compostage dans des jardins familiaux (sur sol naturel), en une solution tout bitume, disponible en zone urbaine et sur sol artificiel.


Cet ekovore ci est très grand, car le cahier des charges proposé par la métropole nantaise demandait des dimensions imposantes pour ce composteur qui serait placé au milieu de tours d’immeubles.


Un sol au dessus du sol

Ce composteur contient un socle dans lequel se trouve une réserve de terre, qui ”recrée” le sol. Donc même une fois vidé, il reste un volume de vers de terre et bactéries pour ensemencer le prochain bac.


Un auvent collecteur d’eau

Le auvent permet aux apprentis composteurs de se protéger d’une éventuelle pluie et de collecter celle-ci dans un réservoir de 2m³, pour l’arrosage le compost.


Un composteur séparé en trois différents silos

Le composteur contient 3 silos: deux petits silos d’apport et un gros silo de maturation. Le processus de compostage dure entre 4 et 5 mois.

Dans un premier temps, un premier silo d’apport va être rempli, et on va ériger une paroi avec des clins de bois pour un remplissage facilité. Cette zone se remplit en 5 semaines. Une fois ce silo plein, on vide le second silo d’apport, qui a prématuré pendant ce temps, dans le silo de maturation. Il s’agit alors d’une alternance de remplissage entre les deux silos d’apport.

Ici, le volume a été calculé et calé en fonction de la quantité de déchets estimée pour 40 à 50 familles, pour respecter le cycle de fabrication du compost qui nécessite un retournement au bout de 10 semaines.


Le souci du retournement

Le problème de tout compost de quartier aujourd'hui, c’est sa gestion et son retournement. En effet, les citoyens sont d’accord d’y déposer leurs déchets, mais peu souvent de s’occuper du travail fastidieux qu’est le retournement. Ce sont alors des entreprises qui viennent s’en occuper. L’idée ici était donc de trouver un système qui rende ce retournement simple et facile, pour que tout un chacun puisse le faire!



L’équipe a donc décidé de concevoir son système avec treuil et manivelle (une pour chaque silo d’apport), qui permet de surélever ce dernier. Il suffit alors de ratteler au fur et à mesure le compost pour le retourner et le faire tomber dans le silo de maturation. Simplicité, n’est-ce pas?


La matière sèche, un indispensable pour un compost de qualité

Pour faire du bon compost, il faut mélanger ses biodéchets avec de la matière sèche. C’est pourquoi à côté du composteur se trouve un bac d’environ 1m³ de copeaux de bois, que les participants viennent mixer à leur apport en biodéchets. Cette matière sèche permet de former une sorte de millefeuille qui laisse passer assez d’oxygène pour une bonne dégradation de la matière, sans création de jus à cause de macération. Ce bac de matière sèche est réapprovisionné tous les 3 mois par Compostri.


La problématique des rongeurs

Ces petites créatures adorent les compost! Pour éviter qu’ils ne viennent mettre la pagaille, des grilles sont apposées en dessous et au dessus des silos. Très efficace!



Des ateliers de démonstration avec les écoles

Une fois par an, des écoles viennent voir le compost et découvrir son fonctionnement. Trois ateliers sont alors réalisés :

  • Quoi mettre dans mon seau à biodéchets à la maison?

  • Faire fonctionner le composteur et retourner le compost

  • Maturation et observation des bebettes à la loupe


Un poster explique aux participants comment bien composter

Le bac de maturation de l’ekovore est vidé deux fois par an. La quantité est alors partagée entre toutes les familles. 5 tonnes de déchets apportées dans le silo d’apport donnera en fin de maturation 1,5 tonne de compost. Chaque famille récupère ainsi l’équivalent d’un sac de 60 litres de compost par an! Avec en plus la satisfaction d’avoir mis la main à la pâte…


Une belle économie d’énergie

Grâce on compost, chaque famille réduit ses poubelles résiduelles et cela réduit également le nombre de camions qui doivent venir les collecter. De plus, les biodéchets sont difficiles à incinérer car gorgés d’eau. Les incinérateurs consomment donc moins d’énergie s’ils ont moins de déchets récalcitrants…


Cet ekovore est encore unique à Nantes, mais un marché public a été lancé pour en installer 4 ou 5 autres.

D’autres modèles, un peu repensés (portes carrées et non courbées, 500 litres d’eau et non plus 2m³) ont été installés à Angers. C’est également une des portes du composteur qui vient faire auvent contre la pluie.


image tirée du site web de l'ekovore


Les ekovores ne sont pas ouverts h24, et les créneaux d’ouverture donnent lieu à plus d’échange entre les différents habitants du quartier qui viennent se rejoindre pour un café. Ils appellent ça eux même les ”apéros compost”. Une belle façon de créer du lien social!


Une production française d’expérimentation

Ces produits restent assez onéreux mais sont produits (encore préindustriellement) en France et cherchent à remplir un cahier des charges le plus complet possible. Une certaine économie d’échelle peut s’appliquer dès l’achat de plusieurs composteurs, et l’amortissement se fait sur 6 à 8 ans.

Les Ekovores incluent également d’autres systèmes, comme par exemple des uritrottoirs, uritonnoir (à planter dans les bottes de paille pour les festivals), collecteurs de verre, et récupérateurs d’eau (en façade pour les zones urbaines, ou intégrés à des bancs publics pour les jardins familiaux hors réseau d’eau )


De belles perspectives à venir pour créer plus de circularité dans nos villes !

Merci à Victor pour ses explications et sa belle motivation.




Pour en apprendre plus sur le composteur ekovore: https://www.ekovore.com/

Pour découvrir les autres projets de Faltazi: https://www.faltazi.com/

12 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout