Rechercher
  • thesuncyclingodyss

Initiative #5 : Surfrider Europe (Biarritz)

Dernière mise à jour : 29 mai

Le 10 mars, lors de mon passage au pays basque, je suis allée à la rencontre de Charléric Bailly au siège de Surfrider Europe, à Biarritz. Ça a été l’occasion pour moi de découvrir cette grosse association que je ne connaissais que très peu, et de me sensibiliser à la pollution marine.


Merci à Charléric pour la visite!

L’association Surfrider, c’est quoi?

L’association Surfrider a été créée en 1984 aux États Unis par un surfeur qui en avait marre de voir des déchets partout dans la mer et sur la plage. La branche Surfrider Europe a elle été créée en 1990. C’est dans les années 2000 que l’association a vraiment commencé à prendre de l’ampleur. Depuis 2010, de nombreux autres bureaux se sont ouverts, par exemple à Marseille pour les thématiques méditerranéennes, à Bordeaux, ou à Paris et Bruxelles pour les actions de lobbying positif. En plus des bureaux, il existe aussi 50 antennes bénévoles dans 12 pays européens. Contrairement à ce qu’on pense, ces antennes ne sont pas toutes en bord de mer, mais aussi dans les terres, car c’est de là que viennent la plupart des déchets, ou les touristes peu sensibilisés...

Ainsi l’association agit surtout par l’éducation et la sensibilisation du public, avec la présence de stands lors d’événements, l’organisation de conférences, débats, visites dans des classes. Elle fait également beaucoup de lobbying, et possède un pôle expertise scientifique pour récupérer des données à aller présenter aux pouvoirs publics ensuite.


Le lobbying, c’est pas que pour les gros industriels!

Et oui, il existe du lobbying positif, mis en place par différentes associations et ONG, pour faire pression et aider à faire passer des lois pour l’environnement (par exemple, l'interdiction des plastiques à usage unique). Ces temps ci, Surfrider fait pression au niveau de l’Europe par rapport à à la nouvelle directive cadre sur la qualité des eaux de baignade, pour que celle-ci prenne en compte plus de paramètres dans les mesures de qualité des eaux, notamment au niveau des produits chimiques (pas du tout pris en compte jusqu'à présent).



La sensibilisation, un point très important pour Surfrider

Le siège Europe de Surfrider dispose d’une partie appelée le Campus où chaque année (hors covid), 10 000 scolaires viennent visiter l’exposition pédagogique. En général, cette visite est suivie d’une collecte de déchets sur la plage. Depuis le covid, le rythme est plus restreint, mais les équipes se déplacent aussi directement dans les écoles.


Une section Art’Campus

Depuis 8 ans, Surf Rider passe aussi par l’Art pour sensibiliser, et accueille tous les 3 mois une nouvelle exposition. L’actuelle exposition, Sedimental, parle de sédimentation et notamment de la création de récifs coralliens artificiels grâce à des structures plongées sous l’eau. L’ancienne exposition parlait elle des micro déchets, grâce à des photos prises au microscope de planctons dans lesquels on pouvait observer du plastique.


Comprendre la mer et les vagues

Car l’association est originellement composée de surfeurs, une part des outils pédagogiques parlent de l’océan en lui même, et notamment des vagues (comment elles se créent, les différents types, etc...). Les sujets d’érosion, de ressource en sable et de changement climatique sont aussi abordés.

L’espace Campus regorge d’outils de sensibilisation

Des déchets, de plus en plus, et partout !

Les déchets s’invitent partout. On en trouve aujourd'hui dans la fosse des Mariannes (endroit le plus profond connu sur terre), au sommet de l’Everest, dans le corps humain, et on commence même à en voir dans les fœtus (oui, des traces de microplastique dans les fœtus...) ! Et vu que l’homme a besoin de chiffres et de visuels pour prendre conscience, Surf Rider se fait un plaisir de lui en donner.


Un des outils de sensibilisation est un cube de 1000 litre d’eau. Différents chiffres sont apposés, représentant la quantité de produit nécessaire pour polluer (définitivement) ce mètre cube. Par exemple, un bouchon de produit ménager pollue ces 1000 litres d’eau! En effet, les produits chimiques (liquide vaisselle, shampooing, eau de javel, etc) vont directement jusqu'à l’océan car les stations d’épuration ne lavent pas l’eau des produits chimiques, mais seulement des déchets physiques, des bactéries, des huiles et des sables. C’est pourquoi l’association sensibilise sur le fait d’utiliser le plus possible de produits naturels et fait maison.


Les surprises de la marée

De nombreuses boîtes surprises, disposées sur une table contiennent des objets naturels et non naturels retrouvés dans la laisse de mer. À l’aveugle, on essaie de deviner ce qui s’y trouve. Les objets naturels sont là pour insister sur le fait qu'il faut les laisser sur la plage, et pas les ramener chez soi.

Parmi les objets non naturels, deux m’ont particulièrement frappée :

  • Les médias filtrants, utilisés dans les stations d’épuration pour décupler la surface d’habitation des bactéries (donc top à la base!) finissent malheureusement souvent sur nos plages, car si les bassins ne sont pas assez brassés, où si il pleut trop d’un coup, ces petits bouts de plastiques ont tendance à passer par dessus bord...

  • Les cotons tiges, qui sont apparemment jetés par certains d’entre nous dans les toilettes. J’ai trouvé cela surprenant, car cela ne me viendrait pas à l’idée de jeter les miens à cet endroit là, mais Charléric m’a assuré que lors de ses passages sur des stands, 1 personne sur 20 interrogée avouait le faire.



Les analyses d’eau, des données acquises pendant 20 ans pour gagner en crédibilité

Pendant longtemps, l’association a recueilli des données de qualité d’eau et réalisé des expertises, dans le but de recueillir un maximum de données, créer des courbes, pour gagner en crédibilité auprès des décideurs et acteurs du milieu. Aujourd’hui, la qualité de l’eau est avant tout basée sur la concentration en matières fécales. Surfrider sensibilise aussi sur cet aspect. En effet, lors des gros orages, si il y a trop d’eau de pluie, la station d’épuration, pour ne pas déborder, ouvre les vannes en amont. L’eau (pas encore traitée donc) va soit dans un bassin tampon si celui ci existe, soit directement dans la rivière, et par suite logique dans la mer. Il faut donc éviter de se baigner les lendemains de gros orages si on ne veut pas nager dans notre caca... Si on n’y va quand même, ne pas oublier la douche de plage, et bien nettoyer bouche, yeux et oreilles !


Des projets variés

  • Ocean Friendly Garden est un projet mené par l’association pour étudier les bénéfices de la revégétalisation des sols, et d’arrêter d’imperméabiliser avec du béton. L’eau, en s’infiltant, se traite toute seule, remplie les nappes phréatiques et évitent les inondations.

  • Ocean Campus est une plate-forme d’éducation au développement durable, à destination des scolaires. Elle dispose de cours en ligne, de quiz et de kits pédagogiques gratuits. Tout est libre d’accès et libre de droit, adapté à chaque niveau.

  • Surf Rider s’est associé avec les Schtroumpfs, ainsi que Le Loup, pour créer des outils pédagogiques à destination des enfants.

  • Surfrider propose également des journées de sensibilisation en entreprise (prestation payante) lors de journées de teambuilding sur le thème environnemental. Au programme, collectes de déchets, masterclasses, ateliers DIY...

  • Une nouveau projet, l’Échappée bleue vient d’être mis en place en partenariat avec le navigateur Paul Meilhat, ambassadeur pour l’association. Le projet a pour but d’initier des enfants issus de milieux défavorisés à la voile, sur plusieurs mois, en les sensibilisant à la protection du milieu aquatique.

Déchets retrouvés sur les plages

Pour gérer une si grosse association, il faut des fonds, mais d’où viennent-ils?

Les fonds de Surfrider sont répartis en 3 catégories :

  • 1/3 pour les adhésions (tout un chacun donnant x€/mois)

  • 1/3 de financement public (région, État, ministères, Europe...)

  • 1/3 de financement privé (partenaires)

L’association se veut très exigeante dans le choix de ses partenaires, et empêchent ceux-ci de communiquer sur leur soutien à l’association dans le but de valoriser leur image de marque.

Parmi tous ces financements, seules les adhésions sont des fonds libres indépendants. En effet, les financements publics et privés sont alloués pour des tâches particulières et ne peuvent pas être utilisés pour autre chose, ce qui limite la liberté financière de l’association, ainsi que la création spontanée d’événements en cours d’année (et donc non prévus dans le budget initial...).


Une association qui compte beaucoup sur ses bénévoles

Surfrider possède des employés, mais aussi et surtout beaucoup de bénévoles répartis dans les différentes antennes locales et qui diffusent les valeurs de l’association. Leur formation et la communication avec les différentes antennes est gérée depuis le siège, et nécessite deux salariés et demi à temps plein.


Toi aussi tu souhaites t’investir? Tu peux rejoindre une antenne locale, ou même organiser ta propre collecte de déchets sur les plages. En renseignant ton initiative océane sur le site web de l’association, Surfrider t’enverra tout le matériel nécessaire à la collecte, gratuitement !



Pour en savoir plus sur

240 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout